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Comment créer une marque de produit cosmétique?

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Beaucoup de personnes rêvent de créer leur propre marque de cosmétique ; mais entre le rêve et la réalité, il existe un fossé. Peu de personnes osent s’y aventurer. Entre la réglementation cosmétique, les différentes obligations, le peu d’informations, il est très facile de s’égarer.

Afin de créer sa marque de cosmétique, il est important de bien s’entourer (surtout si on est néophyte dans le domaine) et de bien comprendre que c’est une démarche qui prend du temps et qui comporte plusieurs étapes.

Voici les principales étapes préconisées par Olivia Paul fondatrice de Brownskin Beauty et experte dans la formulation des produits cosmétiques à franchir avant de pouvoir commercialiser son produit.

  1. Etude de marché

Avant de se lancer sur le marché, il faut prendre le temps d’analyser, de comprendre et d’étudier la faisabilité et la durabilité de son projet.

Partir en quête de ses concurrents est sûrement la première démarche à accomplir pour débuter l’étude de marché. Pour cela, on peut effectuer des recherches sur Internet ou sur les réseaux sociaux. Il est important de connaître ses concurrents mais surtout d’analyser les forces et les faiblesses de leurs produits ou services.

Il est également primordial de créer sa communauté via les réseaux sociaux afin de connaître les réels besoins de votre cible et surtout de savoir si le produit que vous souhaitez créer répond bien à leurs attentes

Une fois ces modalités accomplies, il est important de se poser la question de savoir comment et où on souhaite commercialiser son produit (boutique physique ou e-commerce). Le choix de l’implantation est primordial pour cibler le « bon » public

  1. Choix du laboratoire

Il est très important de bien choisir son laboratoire car il va être le partenaire clé du développement de votre produit

Il existe différents types de laboratoires :

  • certains vont vous accompagner uniquement sur la création avec une recherche d’innovation
  • d’autres seront spécialisés uniquement dans la fabrication et le conditionnement (il faudra être vigilant sur les minimums de commandes ainsi que sur les packagings possible à pouvoir être conditionnés par le laboratoire)
  •  et d’autres enfin pourront vous accompagner du début à la fin du projet

Une autre question doit également être soulevée quand vous devrez choisir votre laboratoire : souhaitez-vous une formule sur mesure ou une marque blanche ?

Les formules sur mesure (création d’une formule personnalisée) sont plus longues et plus coûteuses à élaborer, mais elles sont uniques et vous appartiennent ; contrairement au formules en marque blanche (formules déjà réalisées et testées)  qui sont peu modifiables mais ont l’avantage de limiter les coûts et les délais

Dernier point mais peut-être le plus important : le laboratoire que vous aurez choisi devra partager vos valeurs et comprendre l’importance de votre projet : écologie, naturel, innovation, cible choisi,…Il devra être capable de relever votre challenge et de trouver des solutions aux difficultés qu’il rencontrera hypothétiquement lors de la réalisation de votre formule.

  1. Rédaction du cahier des charges / choix pack ?

Avant de lancer votre gamme de produit, il est indispensable de rédiger un cahier des charges pour définir les besoins et les spécificités de votre projet ; cela permettra au laboratoire de comprendre ce que vous attendez du produit final.

Il est tout à fait possible de rédiger ce document seul ou en collaboration avec le laboratoire que vous aurez choisi. Plus ce document sera précis et clair, moins vous aurez de surprise lors du prototypage de votre produit.

Le cahier des charges peut contenir les informations suivantes :

  • les indications sur la formulation : texture (gel, crème,…), odeur (présence de parfums ou non), couleur (ajout de colorant ou couleur naturelle),…
  • les matières premières : souhaitées ou bannies (sans sulfates, sans silicones,…)
  • le choix du packaging : matière (plastique, bois, verre,…), forme (pompe, pot,…), développement durable (recyclable, recyclé,…), contenance. Ces informations vont être très importantes car elles auront un impact sur la texture ainsi que sur la conservation du produit final
  • les revendications ou allégations souhaitées : hydratante, anti-rides, anti-pelliculaire,…
  • le prix de vente souhaitée qui permettra de déterminer le coût de production de la formule
  • la cible car cela pourra impacter le choix des matières premières (par exemple formule sans huiles essentielles pour les femmes enceintes)
  • le réseau de distribution : e-commerce, parapharmacie, magasin
  • si c’est un produit conventionnel, naturel ou labellisé : vegan, cosmebio, …
  1. Formulation

Grâce au cahier des charges, le laboratoire va pouvoir commencer le sourcing des matières premières et du packaging : il va chercher les bons ingrédients et contenants à utiliser pour votre formule

Après le sourcing, le laboratoire va pouvoir commencer les essais de formulation appelés également soumissions : il va formuler en petites quantités afin de valider la texture, la couleur, l’odeur et la compatibilité entre les ingrédients choisis. Commence alors un certain nombre d’allers et retours entre le laboratoire et vous pour retravailler la formule suivant vos modifications jusqu’à obtention de la formule définitive.

Cette étape de formulation est longue et dure environ 2 à 3 mois car il est rare que la 1ère soumission soit la bonne

  1. Test stabilité et microbiologiques

Avant de pouvoir mettre un produit cosmétique sur le marché, il doit passer une série de tests afin de garantir la sécurité du consommateur. Ces tests sont régis par le Règlement Cosmétique (CE) N°1223/2009 et seront valables au sein de l’Union Européenne.

                Il existe différents types de tests :

  • le test de stabilité : il permet de déterminer la durabilité du produit. On effectue un vieillissement accéléré du produit dans des étuves pendant 3 mois afin de vérifier que le produit ne subit aucune modification. En parallèle, on étudie également la stabilité du produit à température ambiante pendant 3 ans. Si le produit est conforme au bout de 3 mois en vieillissement accéléré, il peut être mis sur le marché
  • le challenge test : il permet de vérifier le système conservateur du produit. On va inoculer une quantité de bactérie au produit et contrôler son évolution
  • le patch test : il permet de vérifier l’absence d’irritation cutanée
  • le test d’usage : il permet d’étudier la tolérance cutanée en condition normale d’utilisation
  • le test de tolérance oculaire : il permet de vérifier l’absence d’irritation oculaire du produit
  • le test de phototoxicité : il permet de vérifier l’absence de réaction avec une exposition au soleil
  • le test d’efficacité : il permet de prouver les revendications du produit (hydratant, anti-ride, activateur de bronzage,…)
  • le test de compatibilité contenant-contenu : il permet d’étudier les éventuelles interactions chimiques qui peuvent exister entre le packaging et le produit et qui peuvent altérer la qualité finale (migration, étanchéité,…)

                Tous ces tests ne sont pas obligatoires et seront demandés par le toxicologue en fonction de différents paramètres (cible, zone d’application, formule, …) et surtout de la pré-évaluation toxicologique (première évaluation théorique de la sécurité du produit qui consiste à calculer les « marges de sécurité » de chaque ingrédient)

  1. DIP et notification CPNP

Comme pour les tests, la création d’un DIP (Dossier Information Produit) est obligatoire pour tout produit cosmétique mis sur le marché. Il doit être tenu à la disposition des autorités compétentes à l’adresse de la personne responsable (soit vous ou le laboratoire) en cas de problème.

Ce document contient toutes les informations sur le produit cosmétique. Il  est composé de 2 parties : partie A et partie B.

La partie A va contenir la description du produit cosmétique, de la méthode de fabrication et de conditionnement, les informations sur les matières premières, la déclaration de conformité aux BPF (Bonnes Pratiques de Fabrication),…

La partie B va contenir un rapport sur la sécurité du produit validé et signé par un toxicologue avec les résultats des différents tests effectués

Une fois le DIP rédigé, il faut notifier le produit sur le portail CPNP (Cosmetic Products Notification Portal), consultable par toutes les autorités compétentes. Après avoir rempli plusieurs informations concernant le produit, vous obtiendrez ensuite un numéro unique CPNP, que vous devrez reporter dans le DIP.

  1. Production

Avant de fabriquer votre produit à échelle industrielle et de pouvoir le commercialiser, le laboratoire devra effectuer une transposition industrielle avec la fabrication d’un lot pilote de taille intermédiaire (5 à 10 kg).

En effet, il est important de vérifier que le procédé de fabrication (agitation, temps de chauffage, temps de repos,…) est valable à grande échelle ; pour cela, le laboratoire va vérifier que les critères organoleptiques (texture, odeur, couleur) ainsi que les critères physico-chimiques (pH, viscosité, …) sont identiques à ceux qui ont été validés précédemment lors des essais labo.

Après avoir vérifié grâce au lot pilote que tout est conforme à ce que vous aviez validé en essais labo, le laboratoire va pouvoir fabriquer votre produit en quantité industrielle tout en contrôlant la qualité de chaque batch (afin que chaque production soit toujours identique). Vient ensuite l’étape de conditionnement et étiquetage

Vous avez maintenant toutes les clés vous permettant de mener votre projet à terme.

Hermann KOUADIO

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